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Caritas exprime sa vive inquiétude à propos des élections au Zimbabwe

09.04.2008

Caritas Internationalis affirme qu’il n’y a aucune raison de retarder davantage la publication des résultats des élections présidentielles au Zimbabwe, si ce n’est que pour manipuler le résultat final. Plus de 10 jours se sont écoulés depuis les élections, qui se sont déroulées de manière pacifique le 29 mars 2008, mais le résultat concernant le scrutin présidentiel n’a toujours pas été communiqué.

La publication des résultats incombe à la commission électorale du Zimbabwe, un organisme constitutionnel ayant comme mandat de conduire les élections et les referendums “de façon efficace, libre, juste, transparente et conforme à la loi.” Ce mandat prévoit aussi que ladite commission communique publiquement les résultats des élections aux partis candidats et à la nation de la façon la plus complète et la plus rapide possible, dans des délais raisonnables.

Caritas estime que ce délai s’est écoulé.

Pour l’élection présidentielle, Robert Mugabe, le Président sortant, s’oppose à Morgan Tsvangirai et à Simba Makoni. Si un candidat n’obtient pas plus de 50 pour cent du total des voix, un second tour est nécessaire.

Lesley Anne Knight, Secrétaire générale de Caritas Internationalis a affirmé : “La non publication des résultats des élections sans une raison convaincante n’est pas justifiable. Elle ne mène qu’à soupçonner que la commission électorale du Zimbabwe ait été manipulée pour qu’elle produise des résultats différant du verdict de la population.

“La voix de la population du Zimbabwe doit être respectée et ne doit pas être altérée par des intérêts partisans. Ce retard est le meilleur moyen pour créer des tensions politiques et de l’instabilité. Dans les intérêts de la paix et de la justice au Zimbabwe, Caritas soutient l’Eglise catholique et la population du Zimbabwe qui exhortent la commission électorale à publier urgemment les résultats.

“Le Zimbabwe doit remplir des tâches urgentes consistant à reconstruire son économie, à renverser la marche d’une pandémie de VIH/sida dévastatrice, et à encourager les millions de Zimbabwéens qui ont fui le pays sans espoir de retour. Le retard dans la publication des résultats ne fait que rendre ce processus plus difficile.

”Toutes les parties au Zimbabwe doivent continuer à chercher le dialogue et une issue pacifique à la crise politique. Toutes les parties doivent condamner les actes de violence ou d’intimidation et faire en sorte que leurs partisans restent engagés dans le processus démocratique.”

Alouis Munyaradzi Chaumba de la commission catholique Justice et Paix au Zimbabwe a affirmé : “L’autonomie et le professionnalisme de la commission électorale du Zimbabwe ont été sérieusement entachés et profondément compromis, et les accusations de partialité et de favoritisme renforcées. Dans le cas d’un second tour de l’élection présidentielle, les Zimbabwéens et la communauté internationale auront de sérieux doutes quant à l’honnêteté et à l’impartialité de la commission électorale dans la conduite du scrutin.”

Plus de quatre millions de personnes au Zimbabwe souffriront de pénuries alimentaires de base s’ils ne reçoivent pas une aide alimentaire urgente. Caritas a augmenté ses opérations pour dispenser des vivres à plus de 100 000 personnes jusqu’en avril 2008. Caritas offre à 16 500 familles une aide agricole pour cultiver et irriguer la prochaine récolte.

L’Eglise catholique du Zimbabwe accuse le Gouvernement dirigé par le Président Robert Mugabe de ne pas avoir contrôlé l’effondrement économique et social, d’avoir violé la liberté et les droits fondamentaux de la population, et de ne pas avoir lutté contre la corruption qui sévit.

Veuillez contacter Patrick Nicholson au 0039 06 69879725 ou 0039 3343590700 ou nicholson@caritas.va